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Le témoin de pseudonyme « PMH » répond aux questions du prévenu:
La séance tenue le 13 janvier 2014 devant la Haute Cour et a été marquée par des questions que le prévenu posait au 14ème témoin « PMH ». Rappelons que dans la séance du 09 janvier 2014, il a été entendu le même témoin où celui-ci faisait des charges au prévenu. Ce dernier n’a pas voulu que son identité soit reconnue pour sa sécurité. La plupart des questions étaient portées sur

l’identité du témoin, son témoignage, la date de son arrestation et pour quels motifs, la personne qui l’a incité à faire des aveux, sa participation le Gacaca, s’il n’y a pas eu de menace pour sa famille lors du retour au pays, s’il n’a pas été tabassé en prison et s’il n’a pas comparu devant un autre tribunal à part le Gacaca, etc. En bref, certaines de ces questions sont la résidence du témoin pendant l’année 1994, s’il s’est marié légalement et le prénom de sa femme. Le témoin a répondu qu’il a fait le mariage légal et religieux. A propos de son arrestation, le témoin a fourni la réponse en s’appuyant sur un document qu’il a soumis aux juges qui à leur tour l’ont transmis au prévenu.

Questions spécifiques au témoignage : A ce point, le prévenu lui a demandé s’il n’aurait pas été Mugeseraarton2351sensibilisé par le Ministère Publique ou par quiconque pour témoigner et s’il n’aurait pas reçu de promesse du Ministère Publique (MP). Dans cet intervalle, le témoin a répondu : « (Usibye ibyo wanyigishije gukora, nta wundi wambwiye icyo nkora), pour dire à part ce que tu m’as appris à faire, personne d’autres ne m’a influencé ». Immédiatement, avec un ton furieux, Dr Mugesera a vite nié sa réponse : Njye ntacyo nakubwiye gukora, pour signifier, je ne t’ai jamais incité à faire quelque chose. De continuer, le prévenu lui a demandé s’il admet que si la justice constate qu’il existe quelqu’un qui l’as influencé, son témoignage sera annulé et s’il admet encore qu’il se trouvait au meeting de Kabaya. Le témoin a répondu oui.

Mugesera a demandé au tribunal d’entendre la preuve enregistrée sur la cassette pour faire une comparaison avec le témoignage de PMH. A cela, le Ministère Public a refusé arguant que Mugesera déclare que le témoin a menti, ce qui peut causer des confrontations et qu’il n’était pas le moment de faire sa défense plutôt de poser des questions au témoin. C’est ainsi que Mugesera a évoqué l’art 18 et 19 de la constitution rwandaise en ajoutant qu’il dispose toutes les garanties nécessaires pour faire sa défense. Le MP a réagi que Mugesera n’a pas été privé de parole. Mugesera a réagi qu’il suggère que le témoin écoute cette cassette et la comparer avec son témoignage du 17/02/2012 et du 09/01/2014, ajoutant aussi qu’ils sont diamétralement opposés. Le MP a réagi que cette fois-ci Mugesera admet qu’il s’agit de son discours alors qu’avant, il ne l’admettait pas notamment qu’il déclare que le témoin était en train de mentir, ajoutant aussi qu’il n’était pas encore le moment de dire que les preuves sont sans fondement et que cela incombe au tribunal. Mugesera a réagi qu’il l’a toujours dit qu’il y a eu montage de la cassette et que si le témoin entend la cassette, lui-même va dire qu’il n’a pas participé au meeting. Enfin, Mugesera a déclaré : « avec tout le respect que je dois à la Cour, je soumettrai une requête ».
Dr Léon a en plus demandé au témoin d’indiquer quelqu’un qui l’a incité à faire des aveux. Le témoin a réagi qu’il se sentait insécurisé dans son fond intérieur et qu’il était devenu comme un animal sauvage. A propos de sa participation au processus Gacaca, le témoin a fait savoir qu’il ne se rappelle plus des dates mais c’est depuis décembre 2007 à janvier 2009 et qu’il a participé à quatorze Gacaca et avoir fourni des informations dans la phase de collecte d’informations.
Il lui a demandé les personnes qu’il a cité pour leur implication pendant le génocide et le témoin a réagi qu’il cite seulement ceux qui sont en prison mais qu’il se réserve pour ceux qui sont en liberté de crainte des conséquences néfastes pour sa famille. A cela, le président lui a demandé de signaler les tribunaux Gacaca auxquels il a livré des informations et que ça pourra aider à avoir les détails de ces personnes.
Le prévenu lui a demandé s’il est guéri de son esprit d’animosité et le témoin a répondu qu’il s’est converti puis sorti de cet esprit. Le prévenu lui a demandé s’il a été traité par le médecin pour sortir de cet esprit d’animal.
A ce propos, le président de la Cour est intervenu en demandant s’il existe le médecin qui soigne l’esprit d’animal. Ainsi, le témoin a réagi à la question du prévenu en signalant que les enfants l’ont éduqué, et que l’Etat lui a sensibilisé que personne ne peut être privée de sa vie pour son ethnie, et enfin qu’il a acquit la parole de Dieu. Dr Léon a fait savoir au tribunal de retenir qu’aucun autre médecin ne l’a soigné et le témoin a réagi qu’il n’a connu aucune autre maladie.
Enfin, Dr Mugesera lui a demandé si devant d’autres tribunaux rwandais, il aurait porté plainte pour d’autres gens. Le témoin a répondu qu’il en a porté beaucoup à l’Officier de Poursuite Judiciaire et le Ministère Public. Ici, le président de la Cour a déclaré qu’il s’agit plutôt des informations qu’il a données pour que les personnes impliquées dans le génocide soient poursuivies. Le témoin a complété que certaines personnes ont été poursuivies, en citant Mugesera et en indiquant que d’autres sont en prison, d’autres ont fui le pays et qu’il est allé à Arusha pour témoigner.
Le président a demandé au prévenu s’il a encore des questions à poser au témoin et Mugesera a réagi qu’il en a beaucoup et qu’il se situait presque au début de ces questions. Le procès reprendra demain le 14 janvier 2014
LIPRODHOR